17 commentaires
Il y a quelques jours, notre confrère Oxatis publiait une étude particulièrement intéressante sur le profil de ses clients. Intitulée "Le profil du E-commerçant", cette étude a été menée par cette société du 23 novembre au 15 décembre 2009 par l'intermédiaire d'un questionnaire envoyé à 2140 de ses clients, 402 y ayant répondu.

La FEVAD étant globalement plutôt focalisée sur son panel ICE 30 regroupant les plus grosses enseignes nationales, ses études souffrent bien souvent d'une carence de chiffres concernant les "petits" e-commerçants. L'initiative d'Oxatis viserait ainsi à combler ce vide en précisant que sa gamme d'offres s'adresse aux "artisans, commerçants, professions libérales et TPE".

Les résultats de cette étude ont été très largement diffusés via la presse, ainsi que par l'intermédiaire de la FEVAD et ont été présentés très officiellement au secrétaire d'Etat chargé du Commerce, de l'Artisanat, des Petites et moyennes entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation, Monsieur Hervé NOVELLI (Lire un compte rendu).

Le point qui a attiré notre attention est que la quasi-totalité des médias et personnalités citant les chiffres de cette étude les citent comme s'agissant d'une étude représentative du profil du e-commerçant français dans son ensemble. Inexplicablement, aucun canal officiel ne semble avoir émis de réserve sur le fait que l'on extrapole une étude portant sur 402 clients d'1 seule et unique société à plus de 64 000 e-commerçants recensés en France !


Il nous semble que l’extension des résultats de l'étude d'Oxatis est dangereuse et non appropriée, car :
 

1. L'échantillon est très réduit

Cette étude a été très largement présentée comme portant sur 2140 e-commerçants. En réalité, elle s'appuie sur la participation de 20% des répondants, soit 402 clients d'1 seule et unique société.

Peut-on légitimement affirmer qu'un panel de réponses aussi réduit et spécifique soit représentatif du profil global du E-commerçant français ?

 

2. Chaque marque segmente naturellement sa clientèle

Pour illustrer notre propos, il ne viendrait par exemple pas à l'idée d'un organisme de sondage de présenter comme représentative une étude sur l'automobile portant uniquement sur des conducteurs de Logan. Les personnes qui possèdent une Logan ont en général un profil différent de ceux qui possèdent une Mercedes. Nous ne voyons aucune raison objective pour laquelle ce même phénomène de segmentation épargnerait le domaine des éditeurs de solutions e-commerce.

Peut-on prétendre qu'un panel de réponses venant exclusivement d'1 seule plateforme hébergée soit représentatif du profil global du E-commerçant français ?

 

3. La présence possible de biais

Nous avons pu constater qu’un des objectifs cité en préambule de l'étude d’Oxatis est de "Montrer que le e-commerce est un canal de distribution supplémentaire pour les commerçants professionnels". Cela n’illustre-t-il pas clairement une possible "orientation" des questions et de fait des réponses ?

Contrairement à d'autres chiffres présentés par la FEVAD, Médiamétrie n'a PAS contribué à mener cette étude. Les résultats sont donc par définition à prendre avec précautions.

Peut-on prétendre qu'une étude avec un objectif clairement "orienté" constitue une base saine pour établir un profil représentatif du profil global du E-commerçant français ?


Ces trois points montrent clairement qu'en l'état il n'est ni raisonnable, ni justifiable d'extrapoler les résultats de cette étude en dehors de son cadre initial, c'est-à-dire l'étude partielle du profil des clients d'Oxatis.
 


Miseriez-vous votre patrimoine sur ces chiffres ?

Témoins privilégiés depuis plusieurs années de nombreux projets de sites marchands, nous constatons qu'un nombre de plus en plus important de personnes comptent sur l'e-commerce pour faire face à une situation difficile (chômage, changement d'orientation professionnelle, ...). Ces personnes misent souvent leur patrimoine personnel et familial, sans parler de leur santé physique et morale, dans cette aventure.

Avec plusieurs centaines de milliers de nouveaux entrepreneurs sur le marché, dont une grande partie intéressée par l'e-commerce, l'enjeu est un enjeu sociétal.

En voyant M. le secrétaire d'Etat s'appuyer sur ces chiffres pour en tirer des conclusions sociales et économiques, aucun acteur du domaine ne peut rester indifférent. Des lois vont-elles être votées ou amendées sur les conclusions de cette étude ? Les conséquences en seraient graves, tant pour les entrepreneurs que pour les éditeurs de solutions e-commerce.

Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de faire l'économie d'une analyse critique sur les questions que soulèvent ces méthodes.

 

Que proposons-nous ?

1. Une consultation élargie

Si les pouvoirs publics et les organismes représentatifs de l'économie numérique souhaitent appuyer leurs décisions sur des données fiables dans le domaine des TPE/PME et auto-entrepreneurs, il est indispensable d'élargir la base des e-commerçants servant de référence. De nombreux autres éditeurs regroupant plusieurs centaines à plusieurs milliers de clients devraient être sollicités : Amen, Powerboutique, Micrologiciel, Wizishop, 42stores pour n'en citer que quelques-uns.

Là aussi il convient de reconnaître que ces acteurs du mode SaaS ont une typologie de clients différente de celle des solutions à installer (OsCommerce, Prestashop, Magento…).

Associer également les opérateurs de paiement permettrait de diminuer les biais, la FEVAD et Médiamétrie/Netratings les sollicitent déjà pour leur baromètre e-commerce.


2. Un questionnaire identique et une méthodologie validée

Pour que les résultats soient comparables, agrégeables et les plus fiables possibles, un questionnaire identique et préalablement validé par un organisme de sondage devrait être diffusé à la clientèle de ces différents acteurs.

 

Notre demande

Considérant que "La Fevad a notamment pour mission de recueillir et diffuser l’information permettant l’amélioration de la connaissance du secteur et d'agir en faveur du développement durable et éthique de la vente à distance et du commerce électronique en France" et pour toutes les raisons évoquées précédemment, nous demandons instamment à la FEVAD de veiller à ce que les chiffres de l'étude portant sur les clients d'Oxatis ne soient pas présentés comme étant représentatifs de l'ensemble du secteur.

Nous souhaitons vivement que la FEVAD, soutenue par les pouvoirs publics et les acteurs économiques, soit le moteur actif d'une consultation élargie des acteurs du e-commerce français, le seul moyen de fournir les données objectives et fiables nécessaires au bon développement de ce secteur économique.



A lire également :
http://www.guilhemroux.fr/2010/02/conference-fevad-chiffres-e-commerce-2009/


Les sources :
"Nouvelles TPE E-Commerce Oxatis a isolé le profil génétique de l’E-commerçant"
http://www.fevad.com/index.php?option=com_content&task=view&id=564&Itemid=938
Bilan du commerce électronique 2009
http://www.fevad.com/index.php?option=com_content&task=view&id=557&Itemid=931
Bilan du e-commerce 2009
http://henrikaufman.typepad.com/et_si_lon_parlait_marketi/2010/02/bilan-du-ecommerce-2009-1bis-2.html

Présentation de l'étude par Oxatis


Post-scriptum : les premiers articles présentant l'étude comme étant représentative du profil européen du e-commerçant commencent à être publié. Où cet amalgame s'arrêtera-t-il ??
Yoann le 11 fév 2010 à 11h04
Yoann

Vous venez de décrire ce qui me dérange depuis un moment dans les chiffres communiqués par la FEVAD sur les "petits e-commerçants". J'espère que cet article pourra faire bouger les choses ...

Alex Chauvin le 11 fév 2010 à 11h07
Alex Chauvin

Bonjour,

Vos remarques sont très pertinentes et effectivement on appuie beaucoup en ce moment sur des chiffres bruts plutôt que sur de l'analyse et des ratios. Par exemple le marché de l'e-commerce augmente de X€, mais est-ce que la marge suit, les commerçant sont-ils rentables, quelle est la dilution du marché...

Je vous suis dans la démarche d'avoir des statistiques plus larges et objectives, mais la FEVAD ne regroupant pas tous les acteurs de l'e-commerce (loin de là), leur demander est-il la meilleure solution ?

Bonne journée, Alex.

Eric Liégeois le 11 fév 2010 à 11h33
Eric Liégeois

@Yoann : Merci, nous avons décidé d'écrire cet article dans cette optique.

@Alex : Nous sommes attachés à l'idée de groupement de professionnels et il est important qu'ils soient les plus représentatifs possible. Malgré tout, la FEVAD reste actuellement le groupement le plus "représentatif" de la profession.

Tarik, clicboutic.com le 11 fév 2010 à 13h02
Tarik, clicboutic.com

Salut les kiubinautes,

J'adhère à la conclusion générale de votre article. Clicboutic prévenait déjà sur son blog (http://blog.clicboutic.com : Ce qu’il faut comprendre des chiffres de la FEVAD) les e-commerçants à ne pas fantasmer sur un marché que la FEVAD a du mal à délimiter.

Le profil "génétique" d'Oxatis est par ailleurs peu convaincant quant à sa conclusion qui s'apparente à un pot-pourri qui fait plaisir à tout le monde, eux les premiers. Sans m'attarder sur la méthodologie du sondage, Clicboutic se joint à votre initiative de créer une véritable étude représentative du marché du e-commerce français.

En espérant pouvoir approfondir la conversation dans les mois à venir ;)

emmanuel le 11 fév 2010 à 13h26
emmanuel

Merci pour cet article qui vient nous rappeler que toute communication est toujours à prendre avec du recul.

Cela me fait donc me poser la question incontournable : "Le e-commerçant a-t-il un profil particulier ?"

En effet, internet étant devenu un média et un support de masse (plus de 50% de la population) et un outil transgénérationnel (25% des plus de 50 ans sont connectés).
On peut considérer que l'acheteur en ligne, n'est pas différent du consommateur classique même si ce qu'il achète n'est pas toujours semblable.
On pourrais dans ce sens extrapoler aisément et se dire que le e-commerçant n'est pas très éloigné du commerçant de quartier ! (Sauf peut être de Roger mon boucher )

Néanmoins un élément rejoint ces deux popultations (consommateurs et commerçants en ligne) : La volonté de l'immédiat !

Ce comportement est, selon moi, en train de se développer et de rythmer les attentes des consommateurs que nous sommes. Et c'est encore plus flagrant dans les jeunes populations qui n'ont jamais connu l'époque ou pour acheter un disque il fallait attendre le samedi, passer une heure au moins chez le disquaire et revenir l'écouter chez soi. Aujourd'hui 2 clics sur l'apple store et c'est sur mon Ipod (cela dit j'adore !). sans parler de Spotify ou Deezer.

Ce qui me marque également encore plus, c'est cette demande d'immédiateté chez les porteurs de projets d'e-commerce qui sous prétexte d'avoir eu une idée la veille, créé une boutique en 15 minutes (merci la pub !) et se lance sans avoir réfléchi à la logistique, au webmarketing et parfois même au consommateur potentiel.
Le besoin de réaliser immédiatement !

Alors ok pour lancer une grande enquête sur le profil des e-commerçant mais seulement si c'est pour aider les futurs (e-commerçants) à prendre le temps et considérer leur projet et leurs moyens plutôt que pour leur vendre de nouveaux services (immédiats en plus !)

Emmanuel.

Julien le 11 fév 2010 à 15h44
Julien

Tout a fait d'accord, la dichotomie est très importante entre TPE artisanale et leader sur un e-marché. C'est très difficile d'avoir des chiffres des acteurs secondaires, et d'ailleurs c'est un problème commun à toutes les activités. Pourtant une majorité a commencé petit avant de devenir grand, et pourtant tout le monde oublie trop vite les déboires des premiers jours d'activités ! Mais les chiffres suivent la loi de Mr Pareto, et les petits acteurs, même en nombre sont enterrés sur les quelques colosses qui dominent le secteur !
Je pense que la FEVAD globalise le positif pour être vendeur, quelle légitimité aurait-elle avec un secteur d'activé en déclin alors que qu'elle est aujourd'hui le porte parole du dynamise du e-commerce Français et que son positionnement exploite ce critère. Du coup c'est vrai qu'on peut véritablement remettre en cause la légitimité des chiffres et la segmentation proposée. Mais alors qui sera demain le porte parole des petits acteurs du e-commerce français ?

Mathilde-UGAL le 12 fév 2010 à 13h26
Mathilde-UGAL

Communication rime avec information , il est assez décevant de voir que la Fevad ne fait pas trop la différence, mais dans le fond, cela ne m'étonne guère.
Merci pour cet article.

Eric Liégeois le 12 fév 2010 à 16h35
Eric Liégeois

@Clicboutic : On dit kiubiste :-) Nous prenons note de votre volonté de participer à une enquête plus large.


@emmanuel : En ce qui concerne l'existence ou non d'un profil type, c'est une question que nous nous posions lors de la rédaction de cet article. Malheureusement, l'enquête actuelle ne permet pas de l'affirmer ou de l'infirmer. En ce qui concerne l'immédiateté du net et ce qui en découle, c'est un sujet intéressant sur lequel il y aurait beaucoup de chose à dire.


@Julien : Ce n'est pas le rôle de la FEVAD qui se focalise sur les gros e-commerçants français, mais c'est une question que l'on est en droit de se poser. Sans oublier tous les autres acteurs du secteur (prestataires web, fournisseurs de services, éditeurs de logiciels...) ne sont pas mieux représentés.


@UGAL : Si participer à une enquête plus large vous intéresse, vous êtes les bienvenus.

François le 14 fév 2010 à 11h06
François

Voici un débat plus qu'intéressant qui mélange plusieurs sujets sensibles du moment qui se croisent et qui interagissent.

La FEVAD est en orbite autour d'une autre planète, c'est un fait établi... lorsque la FEVAD publie des chiffres, elle publie des chiffres bruts mais l'analyse en profondeur est plus que douteuse. Dire que tous les ans le chiffre d'affaire du e-commerce progresse de XX % sans faire remarquer que dans le même temps le nombre de boutiques augmente a un rythme supérieur est pour le moins un peu léger : un simple rapprochement de ces deux données montre tout simplement que la concurrence est de plus en plus rude et donc que les moins "solides" souffrent énormément. Mettre sur le même plan Ebay, CDiscount et les "petits" ecommerçants c'est du délire et rien de concluant ne peut en sortir.

Oxatis est une société privée qui a pour légitimité de compter un très grand nombre de clients. Je ne suis pas un spécialiste du marketing qualitatif, mais on peut sortir des tendances de 400 questionnaires pour peu que la méthode soit rigoureuse. Je ne pense pas que cette étude ait été menée selon les méthodes valides, elle vaut donc ce qu'elle vaut. Qu'est-ce donc que cette étude ? Une étude objective ? Certainement pas, il s'agit d'une opération de communication intelligente (comme l'est la communication d'Oxatis en général, sinon ils ne seraient pas "leader" comme ils le sont actuellement), et ça s'arrête là.

A force de blogger dans tous les sens on en oublie les fondamentaux : un blooger n'est pas un journaliste, la VAD (de FEVAD) n'est pas le e-commerce, une étude menée sans méthode sur son pool de client dans une optique de communiquant ne vaut que ce qu'elle vaut... quant à notre cher Secrétaire d'Etat, il fait comme tous les politiques : il parle sans savoir en sachant que, de toutes façons, dans 6 mois tout le monde aura oublié.

On est bien avancés...

Ce que je trouve intéressant dans cette polémique, c'est que ça fait ressortir une chose extrêmement intéressante : le e-commerce, c'est le far west (pour rester poli), le flou total,la confusion (inclure Ebay dans une étude sur le e-commerce, par exemple, ça fausse légèrement la donne...). Les autorités compétences (cf : les ministères) seraient bien inspirés de réaliser de vraies études pour qu'on y voit un peu plus clair plutôt que de recracher des chiffres sans valeur histoire de faire des effets de manche et de se faire mousser. En pleine déconfiture économique, ça fait toujours bien de mettre l'accent sur des secteurs en pleine croissance : la justesse du fond du propos est donc relégué à valeur négligeable.
C'est comme ce statut d'auto-entrepreneur, une belle arnaque statistique destinée à sortir des chiffres du chômage ceux qui ne trouvent plus de boulot dans une économie déprimée. Ca permet de dire que la France est le pays d'Europe ou l'on crée le plus d'entreprise... si ce n'était aussi grave, ça en serait comique..

Que faut-il retirer de ce débat ? Qu'il est temps de mettre un peu d'ordre dans tout ça, d'organiser un peu les choses, de mener des vraies études sur LES profils des e-commerçants. Personnellement, chez Rentashop, nous menons notre barque à notre façon, comme la plupart de nos confrères ; nous nous passons très bien de statistiques globales, mais pour le bien de la profession dans son ensemble, je reconnais qu'il serait utile de se poser un peu, d'organiser des "états généraux du e-commerce". Assez d'approximations, de comparaisons avec le marché américain, par exemple, qui n'a rien à voir, assez de comparer Ebay avec le petit pure player sur une niche de marché ou de la PME qui est sur le net parce qu'il "faut y être". Le temps ne serait-il pas venu de regrouper tous les professionnels de nos métiers pour bousculer un peu la structure et de construire une vraie politique du e-commerce en France ?

Marc Beyer le 16 fév 2010 à 11h33
Marc Beyer

@François : Oui, clairement, nous pensons qu’il est temps de regrouper les professionnels au sein d’une même structure. Sans éditeur de logiciels, sans prestataire web, point d’e-commerce en France. Je pense que nous constatons tous chaque jour les effets pervers que la méconnaissance de nos métiers et les clichés simplistes, trop facilement repris par les médias, engendrent.

Si l’on souhaite un jour que le débat se porte autant sur le "gérer son site" que sur le "créer son site", il nous semble impératif de se fédérer et de faire connaître nos métiers, nos valeurs, mais également nos contraintes et nos limites, en toute objectivité.

Sans ce type d’initiative, le profil du e-commerçant se limitera à une caricature voyant dans l’e-commerce un nouvel eldorado accessible à tous, sans compétence, sans accompagnement et sans investissement. A court terme, nous sommes les premiers bénéficiaires de cette ruée vers l'or, mais force est de constater que la réalité est loin des titres de certains communiqués de presse. Si nous ne réagissons pas, c’est toute notre profession qui sera bientôt discréditée aux yeux de plusieurs centaines de milliers d’entrepreneurs qui se seront lancés tête baissée dans l’e-commerce sans information correcte et loyale.

Un regroupement suffisamment large de professionnels permettrait de fournir des chiffres plus représentatifs et plus nuancés sur les différents profils et comportements du e-commerçant.  Et bien plus encore sur les profils et comportement de ceux, bien plus rares, qui réussissent dans la durée.

Nous sommes heureux que vous ayez exprimé votre opinion sur ce sujet. Il serait intéressant qu'un maximum de professionnels, éditeurs de logiciels web en tête, en fassent de même. Nous restons bien entendu disponibles pour échanger avec eux.

De notre point de vue, il serait également bienvenu que les "petits" e-commerçants se regroupent au sein d’une même structure, différente de la première, pour faciliter les partages d’expérience, expliquer les difficultés inhérentes à l’e-commerce et conseiller. Nous sommes convaincus que le fait d’avoir deux groupements distincts aux missions clairement identifiées et ayant chacun des représentants dans l'autre structure, faciliterait les échanges des deux communautés qui ne peuvent réussir l’une sans l’autre.

Bertrand (Fevad) le 16 fév 2010 à 15h46
Bertrand (Fevad)

Lu et transmis en interne pour réflexion ...
A suivre ...

WiziShop le 22 fév 2010 à 17h20
WiziShop

Bonjour à vous tous, et merci à Marc et Matthieu d'avoir lancé le débat, ce billet aura au moins le mérite d'avoir initié un axe de réflexion pour nous tous. Chez WiziShop, nous sommes assez partagés entre tout ce qui a été déjà dit.

Tout d'abord, nous estimons qu'il ne faut pas jeter la pierre à Oxatis et à Marc Schilacci pour nous avoir proposé cette étude. Evidemment, nous sommes conscients que ça sert avant tout à leur communication néanmoins cette enquête a le mérite d'exister et de donner un petit aperçu d'un certain profil du e-commerçant, même si on en convient tout à fait, 402 réponses au questionnaire n'est pas suffisant pour généraliser les résultats.

Là où nous rejoignons Kiubi, c'est dans la nécessité de fédérer dans une même organisation, tous les éditeurs de logiciels, prestataires web et tous les professionnels de l'internet. Les avantages en seraient multiples mais pour n'en citer que quelques uns :
- permettre de continuer à démocratiser Internet et tous les métiers qui l'entourent
- permettre effectivement de pouvoir disposer d'études et de statistiques bien plus complètes et représentatives qu'une enquête réalisée par un seul éditeur
- permettre tout simplement à nous tous, professionnels de l'Internet, d'être représentés par une fédération qui aura logiquement dans son discours, dans ses revendications, plus de poids politiquement parlant.

Notre point de vue est qu'à ce jour, si une action doit être entreprise, elle doit se faire en association et sous l'égide de la FEVAD qui, même si on peut penser aujourd'hui qu'elle est plus représentative des « gros » e-commerçants, est la seule à pouvoir structurellement organiser un rassemblement de tous ces professionnels du Web de manière efficace.
N'oublions pas que Internet et les métiers qui y sont associés, sont jeunes donc tout est à créer et tout est à développer.
Pourquoi donc la FEVAD ne s'ouvrirait pas à nos idées et n'écouterait pas ce que l'on a dire ?
Nous croyons très sincèrement que tout peut se faire entre gens de bonne volonté de même que pourquoi l'idée de regrouper les petits e-commerçants ne pourrait-il pas se faire également avec la FEVAD ? Que l'on soit petit ou gros e-commerçant, on fait du e-commerce et l'organisme qui est censé le représenter est toujours la FEVAD.

Notre souhait aujourd'hui est que la FEVAD se tourne vers nous, nous concerte (les éditeurs de logiciel et autres prestataires web) et nous permette d'organiser notre représentativité en leur sein.

Pour conclure, nous pensons, dans un premier temps, qu'il serait effectivement intéressant de procéder à une enquête commune. Nous sommes donc disposés pour réaliser une étude sur la plateforme WiziShop. Les résultats finaux seront regroupés avec les résultats obtenus par les autres plateformes participantes.
Reste à déterminer le mode opératoire.

Gandhi le 24 fév 2010 à 14h30
Gandhi

Allez, quelques commentaires en lisant ce post, les commentaires de ce post et les réactions trouvées ici ou la sur le net :

1 - L'échantillon est très réduit
Pas vraiment. 402 répondants ca commence à être respectable et la marge d'erreur max est de + ou - 2,5% (http://fr.wikipedia.org/wiki/Marge_d%27erreur)
Ca peut être mieux mais c'est acceptable.
Le problème, ce n'est pas la taille de l'échantillon mais le fait qu'il ne soit pas représentatif de la population des e-commerçants dans son ensemble.
Et là où le bât blesse, c'est que la communication faite autour de cette étude, avec l'aval de la Fevad, ne précise pas cette limite.
Il suffirait d'appeler cette étude "le profil du e-commerçant utilisant Oxatis" pour lever l'ambiguité. Ou faire une étude globale, comme proposé dans ce post.

2. Chaque marque segmente naturellement sa clientèle --> voir 1

3. La présence possible de biais
Il s'agit avant tout d'une opération de communication d'Oxatis (fort bien menée d'ailleurs, comme à leur habitude).
Il est donc évident qu'elle sert d'abord de support à leurs messages, que les chiffres le prouvent ou non.
En comparant cette étude avec les précédentes (Janvier 2009 et Avril 2008), on trouve quelques exemples de ce biais :

Passe ton bac d'abord ...
2008 : Les e-commerçants interrogés ont un niveau scolaire assez élevé. Plus de 60% d’entre eux ont fait des études supérieures.
2009 : 76% des commerçants en ligne sont Bac++ Les e-commerçants ont un niveau d'étude plus élevé que l'ensemble de la population.
2010 : Le E-Commerce n'est pas réservé à une élite. 41% des E-Commerçants interrogés ont un niveau BAC ou moins.
A 1% près, le chiffre des E-Commerçants ayant fait des études supérieures n'a pas bougé (60%). Mais le message a changé : il y a deux ans, les E-Commerçants avaient un niveau scolaire assez élevé. Aujourd'hui, l'eCommerce devient un ascenseur social et n'est pas réservé à une élite.

Motivés, restons motivés ...
Motivation des e-commerçants :
2008 : Augmenter le CA : 51.10%
2009 : Augmenter le CA : 53%
2010 : Augmenter le CA : 53.3%
Commentaire de l'étude 2010 : "Les motivations émergentes en 2009 sont principalement économiques, signe probable que la crise actuelle pousse les acteurs vers le E-Commerce."
Qualifier cette motivation d'émergente est un peu osé, vu les chiffres qui varient très peu d'une année à l'autre. Le lien de cause à effet avec la crise est tout aussi fragile.

Rat des villes, rat des champs.
53% des E-Commerçants habitent un ville de moins de 10 000 habitants. Il ne sont plus que 41% en 2010
A l'inverse, 16% des E-Commerçant habitent une ville de plus de 100 000 habitants dans l'étude 2009. Il sont maintenant 31.2% dans l'étude 2010.
Le message reste le même : "Le E-Commerce : créateur d'activité dans les zones rurales et les petites villes". C'est surement vrai mais de moins en moins à en croire ces chiffres. C'est dommage que personne n'analyse la tendance.

En résumé, on a des chiffres d'un côté et des messages de l'autre. Le lien entre les deux est parfois laborieux, quand il n'est pas inexistant. Si une tendance se dégage mais qu'elle ne sert pas le message, elle passe à la trappe.

Alors que faire ? Et bien suivre la proposition de Kiubi :

2. Un questionnaire identique et une méthodologie validée
Soit. A la Fevad de se mettre en marche sur ce thème (apparement, c'est en cours de réflexion). Oxatis sur le blog de son PDG Marc Schillaci, semble d'ailleurs supporter la démarche : "Les résultats de l'étude Oxatis sont publics, en ligne et accessibles gratuitement. Il suffit donc à chacun des éditeurs d'organiser une enquête similaire et d'en publier les résultats."
(Dans les commentaires de son post : http://fr.marcschillaci.com/2010/02/les-ricochets-du-net-remerciements-par-anticipation.html )
Puisqu'Oxatis a déja une longueur d'avance, le mieux serait qu'ils mettent à disposition leur questionnaire pour qu'un institut indépendant le retravaille (ben oui, des options de réponse qui bougent en permanence d'une année sur l'autre, ca ne facilite pas le suivi des tendances) et lance un enquête globale, cette fois sur l'ensemble des e-commerçants et pas seulement ceux utilisant une plateforme spécifique.
A éviter : la prolifération des études de chaque éditeur
A prioriser : une étude globale, avec la même méthodologie pour tout le monde et une analyse des résultats objective, sans prioriser d'autres messages que ceux réellements transmis par les chiffres.

Enfin moi ce que j'en dis....

Sources :
Profil des e-commerçants 2008 : http://www.eliotrope.fr/communiques/fichiers/103/2952/etudeoxatis:ebp_profile-commercants.pdf
Profil du E-Commerçant 2009 : http://fr.marcschillaci.com/2009/02/la-pr%C3%A9sentation-officielle-du-profil-du-ecommer%C3%A7ant-%C3%A9tude-oxatis.html
Profil du E-Commerçant 2010 : http://fr.marcschillaci.com/2010/02/tpe-ecommerce-le-profil-g%C3%A9n%C3%A9tique-de-lecommer%C3%A7ant-pr%C3%A9sentation-du-2-f%C3%A9vrier-2010-devant-m-novelli.html

Marc Beyer le 24 fév 2010 à 17h30
Marc Beyer

Tout d'abord, merci à tous pour votre participation au débat et vos remarques sur ce que vous attendez d'une étude à plus large échelle.

Comme certains d'entre vous l'ont fait remarquer, la pire des choses serait que chacun fasse une étude dans son écosystème. Cette étude serait alors loin de toute notion d'objectivité et c'est bien sûr ce que nous voulons éviter à tout prix. Les contacts que nous avons eu (via le blog, par email ou simplement par téléphone) avec différents acteurs du métier montrent une réelle volonté d'aller de l'avant en réalisant une étude commune et aux dimensions plus larges.

Cette étude que nous réclamons tous, se doit d'être réalisée par un organisme indépendant dont c'est le métier. Dans cette optique, nous avons contacté la FEVAD pour savoir si elle avait la volonté de la mener. Le rendez-vous est pris, et nous rencontrerons ses représentants au mois de mars. Bien sûr, nous vous tiendrons informés par l'intermédiaire du blog.

Nous souhaitons que cette démarche soit au service de la profession dans son ensemble. Par conséquent, nous restons à la disposition de tout ceux qui souhaitent entrer en contact avec nous pour avancer et réfléchir sur la manière de conduire ce projet et, plus largement, sur la meilleure manière de se regrouper pour représenter et valoriser notre métier.

François le 16 mars 2010 à 17h29
François

Je repassais devant, j'ai vu de la lumière et je me suis arrêté : je pense également qu'Oxatis a jeté les bases d'un questionnaire et que pour que ce questionnaire puisse être extrapolé de manière plus large et plus juste, il n'est qu'à, comme le dit fort justement Gandhi, le reprendre (avec l'accord d'Oxatis) pour en sortir des chiffres et des analyses justes et représentatives.

Oui, la FEVAD serait certainement l'entité de référence qui devrait, en toute logique, chapeauter tout ça.

J'avoue que de mon côté je n'ai pas le temps ni les ressources en ce moment pour assumer une responsabilité telle que se propose de faire Kiubi (centraliser et organiser les prémisses de ce dont nous parlons ici), mais sachez que si certains ont le temps et les ressources, vous pouvez compter sur Rentashop pour participer, et plus dans la mesure du possible, pour appuyer avec vous dans ce sens.

On se tient au courant ?

François

François le 20 mai 2010 à 11h48
François

voilà :

Les Belges... en avance d'une longueur :

http://trends.rnews.be/fr/economie/actualite/high-tech/une-charte-ethique-pour-les-fournisseurs-de-sites-d-e-commerce/article-1194736532153.htm#

shandra le 21 juin 2010 à 16h55
shandra

Je suis d'accord avec vous, un sondage sur 2140 e-commerçants me parais très faible pour faire sortir quelque chose de concret sur un sondage.


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(anti-spam)Quelle chiffre vient après deux (chiffres) ?